Contribution de SD Paris 3e sur l'immigration

Publié le par Webmaster

Pour aborder la question de l'immigration au 21ème siècle, il faut d'abord poser un double constat : celui de l'échec total des politiques coercitives de maîtrise de flux entraînant la précarisation des droits des personnes et celui de la remise en cause petit à petit des droits de l'Homme.

Face à ce constat d'impuissance des politiques et de recul des droits, une action concertée au niveau européen et international semble être la plus efficace. En effet, seul cet angle de vue permettrait de prendre en compte la diversité des parcours migratoires et de pouvoir ainsi les mettre au cœur du système en envisageant un statut prenant en compte le projet des personnes.

Quand aujourd'hui tout se fait dans l'opacité la plus complète au sein des Consulats, il est temps d'instaurer une procédure transparente avec instance de médiation entre étrangers et administrations pour l'attribution  d'un nouveau type de visa (unique, autorisant les allers/retours), de reconnaître et de s'appuyer sur les associations spécialisées pour affirmer un nouveau droit, celui à l'insertion.

Ce nouveau droit se justifie par le fait que nos pays ont toujours eu à gagner de leur immigration. Aujourd'hui, les politiques cherchent à opposer artificiellement les droits de l'Homme et la condition économique de notre pays, usant pour cela du fantasme de l'envahissement et n'hésitant pas à aller jusqu'à des extrêmes auxquels répondent des mobilisation citoyennes de plus en plus nombreuses (opposition aux tests ADN, RESF, mouvement des travailleurs sans-papiers).

Dans la reconstruction de la Gauche, nous devons sans doute faire notre aggiornamento mais nous ne devons pas pour autant sacrifier notre vision de la société française au profit d'un soit disant réalisme. Et pour cela, nous ne devons pas hésiter à remettre les points sur les i concernant certaines données, certaines problématiques afin d'avoir un débat serein sur cette question.

Le premier des combats que nous devons nous assigner est sans doute celui de montrer l'apport économique des migrants à notre économie, comme l'ont déjà fait les anglais et les espagnols. Ce qui permettra de mettre cette information en parallèle des 12 à 22 milles euros que coûte chaque expulsion de sans-papiers, de la nécessaire présence de populations immigrées pour combler notre déficit démographique,… et de traiter ainsi les nombreuses contrevérités véhiculées ici et là (appel d'air,…).

Il nous faut aussi trouver d'autres biais de favoriser le co-développement. Si jusqu'à maintenant nous avons cherché à développer le transfert de compétence via la formation des élites et des responsables sanitaires et sociaux, nous en sommes revenus de la proposition simpliste de l'annulation de la dette publique. En effet, il s'avèrerait plus fructueux et plus porteur de soutenir les projets locaux ainsi que le transfert de fonds d'isolé-e-s immigré-e-s aux familles et réseaux de solidarité restés au pays. Cette action, au lieu de profiter aux dirigeants, aurait des impacts directs visibles et donnerait corps à la notion du co-développement alors qu'elle connaît aujourd'hui un essoufflement pratique.

Si nous déplorons que la droite ait gagnée la bataille du chiffre en traitant les immigrés comme de simples marchandises et si le nécessaire co-développement semble bien loin des préoccupations politiques actuelles quand on parle d'immigration, nous avons conscience qu'un discours démagogique ne pourra pas permettre de revenir à une politique raisonnée des flux migratoires. Nous pensons que nous devons faire nôtre l'exigence de réalisme de nos adversaires mais en acceptant de voir la réalité en face : notre pays a toujours été le fruit de passages, d'installation, de départ et notre économie, tout comme notre société dans son ensemble, a su en tirer des conséquences positives, ce qui motivera toujours notre combat pour l'accueil, l'intégration et le respect des populations migrantes et des pays d'origine.

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