Première ébauche du texte

Publié le par Webmaster

Ce premier texte, soumis au débat interne, pose les enjeux de la période et présente nos exigences en vue d’un congrès réussi. Le dépôt de la contribution que nous souhaitons élaborer ensemble devant intervenir au Conseil national du 1er juillet 2008, le retour des observations est souhaité pour le 17 juin.


Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, les Français, à qui l’on avait promis croissance et pouvoir d’achat, n’ont ni l’une, ni l’autre. Défiants à l’égard d’un pouvoir brouillon qui leur a menti, ils sont inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants, dans un contexte international de ralentissement économique majeur et de crise écologique et alimentaire sans précédent.

De leur côté, les gauches européennes peinent à proposer une alternative électoralement viable, économiquement crédible, socialement juste. La gauche française, devenue la championne des scrutins locaux, vient pour la troisième fois de perdre les élections présidentielles. En 2012, cela fera 24 ans qu’aura été élu le dernier –et jusqu’ici le seul- Président de la République, François Mitterrand et 10 ans que le Parti socialiste aura quitté le pouvoir après la défaite de Lionel Jospin en 2002.

Au-delà d’une alternative à l’UMP que beaucoup de nos concitoyens espèrent et attendent, c’est la nouvelle gauche européenne qu’il faut faire émerger. Dans ce but, il s’avère indispensable de penser le monde, de prendre l’exacte mesure de l’expansion, depuis 30 ans, du capitalisme globalisé, cadre dans lequel nous devons tracer les chemins d’une société moins dure, plus juste, tout en répondant à la crise écologique par une meilleure  répartition des ressources rares. Ces défis nous obligent à redéfinir à partir d’un cadre géopolitique pertinent les rapports entre les forces de travail et un capital en mutation accélérée. Ce cadre sera nécessairement européen. Il s’agit d’organiser ainsi de nouvelles marges de manœuvre, d’encourager la compétitivité dans les secteurs de l’économie confrontés à la concurrence internationale, tout en recherchant, dans les espaces non marchands, un haut niveau de services.

C’est l’enjeu pour toute une génération de socialistes.

Le PS a pris du retard. Depuis dix ans, il ne s’est pas préparé. La tactique a pris le pas sur la projection dans l’avenir, la synthèse sans contenu a prévalu sur les nécessaires choix stratégiques. La réflexion a cédé le champ à la communication, le travail collectif a été éclipsé par la gestion des écuries et des clans.

La conviction qu’en dépit de tout cela, l’exaspération d’un peuple suffirait à garantir la défaite de la droite a été cruellement démentie par les faits. Nous avons déçu les millions de femmes et d’hommes qui nous attendaient à la hauteur des enjeux, car nous avions oublié que dans ce pays, la gauche n’est jamais parvenue à ravir le pouvoir aux conservateurs qu’en travaillant en profondeur. L’imagination s’en est allée, le leadership s’est émietté, la fraternité s’est abîmée.

En ce début de siècle, le PS n’est pourtant pas privé d’atouts:  ses énergies militantes, ses capacités d’organisation, ses réseaux d’élus et d’experts,…En phase avec les attentes qui s’y développent, il parvient aujourd’hui à être majoritaire dans de nombreux territoires. Mais, faute de réflexion globale sur les transformations du monde et de la société française, faute d’investissement collectif sérieux dans les idées, faute de courage pour arbitrer les choix, il ne parvient plus depuis dix ans à produire une offre politique qui fasse sens pour les français et leur donne l’impression de répondre à leurs problèmes réels. 

Notre congrès doit surprendre. L’heure n’est plus aux accommodements, aux faux semblants, aux clivages dépassés ou aux querelles de personnes.  Le temps qui s’ouvre est celui du renouveau. Nous voulons une nouvelle donne globale, pour offrir aux Français, bientôt, une nouvelle gauche.

Nous disposons d’un socle commun : la déclaration de principes. Le Parti socialiste s’accepte désormais comme réformiste, attaché à la transformation sociale, européen, laïque et féministe. C’est autour de ces valeurs qu’il nous faut apporter des réponses concrètes aux problèmes des Français.

Plus que jamais, le travail que nous devons engager est celui de l’adaptation de notre analyse de la société, de nos orientations et de nos moyens d’action à l’époque et au monde d’aujourd’hui. L’avenir de la France, de l’Europe et de la planète est ouvert : il va nous offrir des chances nouvelles mais aussi nous exposer à des menaces. A nous de tirer le meilleur parti des premières en sachant nous prémunir efficacement contre les secondes.

A la fatalité, à la résignation auxquelles conduit le retrait de l’action publique prôné par les libéraux, nous devons opposer une volonté collective de prendre à bras le corps les défis du moment. Contre le parti de l’ordre, nous devons à nouveau incarner le mouvement. Contre tous ceux qui prônent une troisième voie entre socialisme et capitalisme, nous réaffirmerons nos idéaux de toujours : le bien-être et l’autonomie pour tous, la paix et le développement par la coopération, la préservation des ressources naturelles et des équilibres écologiques de la planète. Mais nous y ajouterons une exigence : rompre avec la proclamation de principes pour proposer les moyens d’assurer la réalisation concrète de ces idéaux. Le Congrès doit définir le projet de société que les socialistes proposent au pays et définir les politiques publiques qui lui donneront un contenu effectif.

Nous sentons qu’il y a, aujourd’hui, un besoin de gauche. Des émeutiers de la faim à ceux qui, en Europe ou en France, se mobilisent pour défendre la protection sociale et les services publics, tous appellent à une plus grande régulation des marchés et à une intervention publique renouvelée au service de la justice sociale.

Le Congrès de Reims sera le point de départ de ce travail dans la durée, qui vise à rendre à la gauche sa crédibilité. Méfiants par histoire comme par culture à l’égard de la personnalisation du pouvoir qui fonde la Cinquième République, nous ne pensons pas qu’elle suffise, dans notre parti, à garantir le renouvellement de la doctrine et de l’organisation. Elle risque, au contraire d’être un facteur de division et d’affaiblissement collectif. Nous entendons donc proposer un programme de travail sincère. Agissons dans le respect des échéances, en commençant par la réflexion de fond, avec ce qui a toujours fait notre richesse : le débat collectif. Ouvrons-nous sur la société. Recréons une offre de gauche. Enfin, lorsque nous aurons accompli ensemble ce travail, lorsque les Français nous regarderont à nouveau comme la majorité souhaitable pour le pays, le moment viendra de choisir celle ou celui qui, dans nos rangs, nous conduira à la victoire.

 

Publié dans Textes de base

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Marie-Annick Barthe 20/06/2008 16:36

Puisque nous sommes sollicités pour réagir sur cette version provisoire autant faire valoir nos droits de suite, ce qui est tout à fait positif en termes de démocratie interne mais aussi très délicat pour accoucher d’une contribution qui tienne la route dans les temps.

Je m’attendais personnellement à une déclinaison de notre très belle « Déclaration de principes » tout juste adoptée dans une version plus programmatique. Mais plutôt que de donner un cadre général, c’est un catalogue de mesures qui est présenté. Alors toutes mes excuses pour les rédacteurs de ce texte – ce qui n’est pas un exercice facile et expose aux critiques de ceux qui n’ont rien fait – mais ces mesures sont inévitablement parcellaires, non évaluées et ne s’inscrivent pas dans une cohérence d’ensemble.

Je m’explique. La partie sur la question sociale nous promet par exemple une allocation d’autonomie, un contrat d’entrée dans la vie active, une amélioration de la prise en charge de la dépendance et une réforme du congé parental plus favorable aux pères, sans que soit apprécié le degré de compatibilité de ces mesures avec la « lutte contre les déficits, la réduction de la dette publique et la stabilisation des prélèvements obligatoires » qui figurent dans le paragraphe précédent. Ne faut-il pas plaider à l’heure actuelle plutôt pour une disparition des « niches fiscales », une augmentation de l’ISF, bref pour tout sauf une stabilisation des prélèvements obligatoires ? Quelle est sur ce point notre stratégie fiscale, ce qui n’est quand même pas rien dans une contribution « de gauche » ? Outre la mention sur la stabilisation des prélèvements obligatoires, j’ai juste relevé qu’il faut instaurer une taxe internationale sur les émissions de C02. C’est bien peu et totalement inapproprié pour financer les nouvelles mesures sociales promises. Dresser des listes de mesures à prendre expose aussi inévitablement au petit exercice qui consiste à repérer les grandes questions sociales qui en sont absentes : quid de l’actuelle déréglementation du droit du travail, quelle est notre position sur les retraites, la question migratoire ?

En résumé, je pense qu’à ce stade il sera très difficile pour nous de pondre un document qui ne peut pas avoir la maturation générée par le temps, la consultation de réseaux d’experts et d’acteurs qui permet d’avoir un projet cohérent, viable et mobilisateur. C’est assez normal : on ne va pas sortir pour fin juin un programme de gouvernement ! Alors, pourquoi ne pas l’assumer et indiquer qu’à ce stade du processus il s’agit simplement de poser des valeurs, des préférences, des cohérences macroéconomiques et sociales qui auront vocation à être précisées et affinées à un stade ultérieur de la réflexion ? C’est d’ailleurs assez bien fait pour un certain nombre d’items de ce document qui donnent des orientations tout en restant suffisamment généraux. Il ne faut pas oublier, qui plus est, que les programmes sont destinés à vivre aujourd’hui dans des mondes bien incertains et imprévisibles : choc énergétique, alimentaire, crise financière. Quel est le sens d’arriver avec un paquet de mesures aussi corsetées dans un univers aussi mouvant ? Ne faut-il pas plutôt donner des orientations de comportement plus générales ?

Enfin, deux remarques pour finir :
1) Rien n’est dit sur la réforme institutionnelle qu’il faut évoquer (améliorer la représentativité du Sénat notamment), réaffirmation de certains principes quant à la séparation des pouvoirs (y compris par rapport aux médias), à la conception de la justice.
2) Est-il opportun d’intituler ce texte « Besoin de gauche » à un moment où il faut « inventer une nouvelle stratégie de rassemblement » et où il s’agit par conséquent d’élargir notre base électorale au-delà d’une gauche arithmétiquement minoritaire ? Il y a des mots qui nous servent sans doute de marqueur mais qui peuvent être aussi parfois des repoussoirs pour une fraction de l’électorat qui pourrait nous rejoindre sur des positions plus ouvertes, humanistes et moins marquées idéologiquement.

Marie-Annick Barthe

Florent 18/06/2008 10:46

Voici quelques amendements de la fédération du Puy de Dôme (63) sur l'ensemble du projet de contribution.


Amendements proposés par SD Fédération du Puy de Dôme

Amendements en deux parties, faits par deux groupes différents.

PARTIE 1 :

1 Nouveau modèle de développement

Point 1
Ajouter : « et donner un sens concret au projet de formation tout au long de la vie ».

Point 2
Ajouter : « Il s’agit à la fois de déprécariser la recherche et de faciliter l’appropriation de ses résultats. »

Ajouter un point supplémentaire :
« Défendre l’économie plurielle comme modèle alternatif au modèle libéral et à son contre-modèle d’économie administrée. »

2- La nouvelle question sociale

Ne pas se contenter de réduire les inégalités d’accès à la sphère marchande (consommation, travail,) mais aussi aux modalités d’insertion à la vie sociale (formation, culture, environnement agréable, services non marchands,).

Réticences à l’égard du concept de « salarié franc », comme à toutes les formes de franchise par ailleurs.

3- Relançons l’Europe

Ajouter :
« Se donner pour objectif de faire vivre un espace public européen, condition nécessaire à l’existence d’un espace démocratique. »


PARTIE 2 :
Un commentaire préalable : cette contribution devrait affirmer davantage les idées et les valeurs de Socialisme et Démocratie. Le temps des contributions est le temps des clarifications et des prises de positions : nous aurons plus tard l’occasion d’adoucir et d’enrober les mots lorsqu’il faudra faire une synthèse. N’ayons pas peur de parler haut et fort.


Proposition N°1 : page 3, en fin du paragraphe « A la fatalité, à la résignation… »

« Le Congrès doit proposer aux Français une méthode de gouvernement qui permettra de réformer notre société en recherchant les consensus les plus larges possible, après avoir préalablement informés et consultés les citoyens, les partenaires sociaux et l’ensemble des acteurs de la société. »

Proposition N°2 : page 5, dans le paragraphe « 1. Changeons la gouvernance… »

« Rechercher et préparer les militants volontaires pour accéder aux différents postes de responsabilité du Parti Socialiste en respectant la diversité des militants et sur des critères d’éthique, de respect de l’intérêt général et d’exemplarité du comportement public. »

Proposition N° 3 : page 6, dans le paragraphe « 2. Inventons une nouvelle stratégie… »

« Rechercher et préparer les futurs candidats du Parti Socialiste aux différentes élections locales, nationales et européennes en respectant la diversité et les sensibilités des citoyens de gauche. Promouvoir les futurs élus sur des critères d’éthique, de respect de l’intérêt général et d’exemplarité du comportement public.»

Proposition N° 4 : page 7, dans le paragraphe « 3. Définissons un projet de société… »

« Rénover les institutions de la Vème République : régime parlementaire stable, fonctionnement démocratique, exemplarité du comportement des élus et des institutions publiques »

« Mettre un place un Etat sobre et exemplaire. Simplifier à l’extrême l’impôt pour le rendre compréhensible et donc acceptable. Réduire les taxes indirectes et augmenter la taxation progressive sur tous les revenus. Réduire fortement les niches fiscales et favoriser l’investissement long. »

« Intégrer les populations migrantes dans une société ouverte, humaniste, francophone, laïque, égalitaire et respectueuse.

« Développer une Education Nationale innovante, responsable, autonome, respectée, en symbiose avec le reste de la société. »

« Favoriser le développement culturel en aidant la création et la diffusion culturelles. Promouvoir l’aménagement des temps individuels. Donner à tous un accès gratuit à la culture. »

« Garantir à tous un toit, des conditions de vie décentes et un accès égal à la santé. »

Proposition N° 5 : page 8, dans le paragraphe « 4. Abordons la nouvelle question sociale »

« Mettre en place une protection sociale et un régime de retraite uniques et généralisés. »

« Asseoir le financement de la protection sociale et des retraites sur la création de richesses. »

« Faire de l’innovation et du développement durable les principales sources de la croissance. »


Proposition N°6 : page 8, dans le paragraphe « 5. Relançons l’Europe »

« Oeuvrer pour l’émergence d’une Europe puissance, souveraine, dotée d’une armée dénucléarisée, d’un parlement et d’un gouvernement élus, d’une protection sociale solidaire. Faire de cette Europe des peuples un acteur essentiel du développement durable. »

« Etablir une aide conséquente envers les pays les plus défavorisés tout en agissant pour la paix et le désarmement général sous l’égide de l’ONU. »

« Favoriser la mise en place de règles commerciales mondiales respectant les cultures, les identités et les niveaux de développement de chaque pays. »

Emmanuel 18/06/2008 10:45

Propositions d’amendements
des militants de la section 13è Ouest Paris


Dans l'ensemble, les réactions sont très positives sur le texte et la démarche d'élaboration.

Parties 1 et 2 : très importantes, mais devrait figurer à la fin, pour ne pas confondre objectifs et moyens


Introduction

Le terme « mouvement » est perçu comme très positif, et à mettre en avant.
Titre : Réactions mitigés (des pour et des contre), pourrait davantage nous identifier en mentionnant les termes Projet, Société, Vivre ensemble

Manque : le besoin pour le PS de se doter d’une communication plus directe, plus efficace, plus compréhensible pour l’ensemble de la population. Paraît actuellement trop élitiste.

p. 1-2 : sur le cadre européen de notre action, nous proposons d’expliciter le contexte international d’émergence de grandes puissances. Le cadre européen doit permettre des négociations équilibrées avec ces puissances et la promotion d’une régulation équitable.
p. 2 : projection dans l’avenir : à compléter par «et définition d’un projet de société »
p. 2-3 : Dans les priorités pour les PS, mettre davantage et plus vite en avant la nécessité de retrouver le sens du collectif
p. 3 : notre congrès doit surprendre : rajouter « et nous permettre de retrouver l’ambition d’un retour au pouvoir »
p. 3 : terme « principes » dérangeant, confusion avec la déclaration de principes. Peut être remplacé par « déclaration d’intentions et proclamations trop générales »
Rajouter que se doter d’un contenu effectif est la condition nécessaire pour se doter d’une communication efficace et parler clairement aux français.
p. 4 : pas « elle risque » mais « elle est un facteur de division »
Ajouter « rompre avec l’individualisme dans le parti, retrouver l’esprit d’équipe et la mise en valeur du collectif »


Partie 1 :

p. 5 : Leadership de travail : proposition d’attribuer à chaque grand leader socialiste un thème pour lequel il aurait la responsabilité de la réflexion interne et de l’opposition au gouvernement.

TV conseils et bureaux nationaux : réactions mitigées. A bien élaborer.

Proposition d’ajout : caler le calendrier des bureaux nationaux avec l’emploi du temps des députés européens. Faire de temps en temps des bureaux nationaux à Strasbourg.

Institutions nationales du parti : affirmer qu’’elles doivent définir les orientations politique du parti et se concentrer là-dessus.

Les « grands élus » : supprimer « grand »

« Encourager les sections investies dans la société » : plutôt prévoir une nouvelle organisation. En effet, la base territoriale de la section doit devenir la règle, sans cependant empêcher les militants investis dans un secteur de travailler ensemble. Proposition : « Encourager l’investissement des sections dans la société et favoriser le regroupement des socialistes dans les entreprises et les domaines d’activité. »

Sur les militants : proposition : les impliquer davantage en mettant à profit leurs expériences (professionnelles, associatives, syndicales…)

Développer les adhésions, élargir la base militante. Proposition : créer un système de parrainage pour les nouveaux adhérents, afin de leur faire découvrir les différents aspects du militantisme.

A la place des ateliers de l’alternative, plutôt proposer de développer des relations permanentes avec les partenaires de la société civile.

Proposition : utiliser les TIC pour développer la formation et la gouvernance dans le parti.

Partie 2

p. 6 : supprimer la mention à Bayrou et Besancenot. Supprimer également l’objectif de 35%.

Les intellectuels : référence un peu passée. Plutôt les milieux culturels, artistiques, les chercheurs et le monde de l’entreprise.

Partie 3

p. 6 : supprimer les pays émergeants, la compétition se faisant avec l’ensemble des pays.
Réaffirmer le caractère fondamental de l’éducation
Repenser les ressources humaines de l’éducation nationale
Développer la pédagogie de projets et ouvrir le monde de l’éducation sur la société

p. 7 : mettre le développement durable en tête des préoccupations

Partie 4

Définir le projet de société en préalable : par exemple société de l’assurance et de l’émancipation

Pourquoi ne pas remettre à l’ordre du jour la sécurité sociale professionnelle ?

Manquent :

- le logement
- l’accès aux services publics et à la santé
- Aménagement de la Ville

Partie 5

Réaffirmer la compétence européenne en termes d’aménagement du territoire et de péréquation, sujet dont elle doit se ressaisir.

Arthur 17/06/2008 10:47

A tout hasard, je poste ici les propositions d'amendement de SD paris neuvième (je sais, c'est long :) )

Ces propositions prennent la forme d’amendements de rédaction qui peuvent s’insérer tels quels dans la contribution et sont donc plus faciles à reprendre.

1) Propos introductifs


Le paragraphe 3 (« Au-delà d’une alternative à l’UMP… ») est en retrait par rapport au débat interne au Parti socialiste européen, qui ne se limite pas à la productivité du secteur marchand et de la quantité de services non marchands.

Proposition d’amendement 1 : Arrêter le paragraphe 3 (« Au-delà d’une alternative à l’UMP ») à « Ce cadre sera nécessairement européen. » Insérer à sa suite ne nouveau paragraphe suivant : « La gauche européenne, autour du Parti socialiste européen, doit se créer de nouvelles marges de manœuvres au sein du système productif en favorisant la compétitivité des secteurs ouverts sur la mondialisant et en soutenant le développement des secteurs non marchands. L’organisation du marché intérieur sur le principe d’une concurrence saine doit empêcher que celle-ci se construise sur l’insécurité des travailleurs, en explorant les voies d’une sécurité de la mobilité et des droits sociaux, d’un salaire et d’un revenu minimums européens. »


Le texte n’incorpore pas le concept d’égalité réelle, qui est une des clés politiques de socialisme et démocratie.

Proposition d’amendement 2 : Au paragraphe 10 (« A la fatalité, à la résignation auxquelles conduit... »), compléter comme suit : « le bien-être et l'autonomie pour tous, l'égalité réelle, la paix et le développement par la coopération. »


La dernière phrase du paragraphe 10 (« A la fatalité, à la résignation auxquelles conduit... ») est ambiguë, dans le sens où il est peu probable que le congrès définisse des politiques publiques bien identifiées. Le dernier paragraphe de l'introduction se cantonne d'ailleurs à l'objectif plus modeste de proposer un « programme de travail sincère ».

Proposition d’amendement 3 : Remplacer la dernière phrase du paragraphe 10 (« A la fatalité, à la résignation auxquelles conduit... ») par : « Le Congrès doit définir le projet de société que les socialistes proposent au pays et déterminer un programme de travail pour décider des politiques publiques permettant de le réaliser. »


Sur l’ordre des cinq exigences, toute l’introduction démarre sur la question du renouvellement de la gauche européenne. Il nous semble effectivement que cette question est primordiale et n’est pas une évidence dans le parti, et qu’elle devrait donc être abordée en premier.

Proposition d’amendement 4 : Modifier l'ordre des cinq exigences pour débuter par l'Europe, suivie par le projet de société et la question sociale, puis le Parti socialiste et la stratégie de rassemblement.



2) Cinq exigences : Relançons l’Europe


Sur l’Europe outil d’une nouvelle gauche européenne, l’expérience historique démontre que ce n’est possible que pour autant que les différents partis de gauche sont parvenus à un projet commun ; c’est d’ailleurs ce qui ressort de l’introduction de la contribution. Il peut être souhaitable de le préciser

Proposition d’amendement 5 : Compléter le premier point comme suit : « Faire de l'Europe l'outil d'une nouvelle gauche dans la mondialisation, en dessinant un projet économique et social européen dans le cadre du PSE ».


Ce texte est silencieux sur les problèmes de gouvernance de l'euro et sur la différence d'engagement européen entre les différents peuples membres de l'Union. Nous proposons que la vocation fédérale du coeur de l'Europe soit réaffirmée.

Proposition d’amendement 6: Rajouter le point suivant : « Faire évoluer le noyau européen disposant d'une monnaie commune vers une véritable fédération européenne. »



3) Cinq exigences : Définissons un projet de société


Sur l’éducation, le terme réorienter est ambigu et ne correspond mal aux problématiques du supérieur.

Proposition d’amendement 7: Modifier comme suit le premier point : « Développer l'éducation et l'enseignement supérieur et mettre en place une politique de recherche adaptée pour assurer la France un avantage comparatif durable sur les pays émergeant dans les secteurs à forte valeur ajoutée. »


Une des caractéristiques de la France est que ses PME ne parviennent pas à croître, par défaut de financement et pour des raisons de gouvernance.

Proposition d’amendement 8: après le point sur la stratégie industrielle, ajouter le point suivant : « Définir une politique globale pour les PME afin de traiter leurs difficultés d'accès aux financements, aux réseaux économiques et de faciliter leur transition de croissance. »


Le point relatif à la lutte contre les déficits ne peut se limiter à une recherche d’efficacité. La politique de cadeaux fiscaux à la clientèle de la droite est un élément non négligeable de l’équation budgétaire.

Proposition d’amendement 9: Compléter comme suit: « Lutter contre les déficits, réduire la dette publique et stabiliser les prélèvements obligatoires par l'élimination des niches fiscales, une réforme de l'État intelligent et un investissement social plus efficace. »


Le point sur la croissance durable ne mentionne pas les sources d’énergies renouvelables.

Proposition d’amendement 10: Compléter comme suit: « Rendre la croissance plus respectueuse de l'environnement en encourageant la biodiversité, les économies d'énergie et l'énergie renouvelable et en appliquant plus largement le principe pollueur-payeur, notamment par l'instauration d'une taxe internationale sur les émissions de CO2. »


4) Cinq exigences : Abordons la nouvelle question sociale


Un système de mobilité professionnelle peut se comprendre à la fois dans une optique purement libérale (forcer les salariés à la mobilité) et dans une optique socialiste (sécuriser leur mobilité, ce qui est plus ambitieux et plus coûteux). Dans la mesure où ce texte ne précise pas quelle orientation est retenue, il se laisse interpréter comme un aveu de libéralisme par la gauche du parti.

Proposition d’amendement 11: Compléter comme suit: « Repenser nos systèmes de protection sociale et les garanties collectives des salariés en les dotant des financements adéquats pour les rendre efficaces dans un contexte de mobilité professionnelle et leur permettre d’assurer la sécurité, la formation et le revenu des salariés tout en améliorant la création d’emplois et de richesses. »


La France ne s’est jamais engagée très loin dans la reprise d’entreprise par les salariés, et le peu de dispositif existant a été sabré par le gouvernement Raffarin. C’est pourtant une forme d’activation du chômage qui, sans être massive, est efficace et peu coûteuse au regard notamment de l’expérience espagnole. Les salariés sont généralement très capables d’analyser, en effet, si la faillite est le résultat d’une évolution du marché ou d’une erreur réparable du management.

Proposition d’amendement 12: après le point sur la démocratie sociale, ajouter le point suivant : « Favoriser la reprise d’entreprise par les salariés. »


Le point sur la redistribution des cartes à chaque génération écarte la question de l’équité du système fiscal général, qui n’est pas traité par ailleurs. Là aussi, ce manque dans le texte ouvre inutilement à la critique « de gauche ».

Proposition d’amendement 13: Compléter comme suit: « Encourager une plus grande redistribution des cartes à chaque génération en rééquilibrant la fiscalité au profit du travail et au détriment de la rente, rétablir l’égalité au sein d’une génération en refondant un impôt direct progressif et en luttant contre les niches fiscales. »


La dimension des libertés n’est jamais mentionnée dans ce texte. C’est d’autant plus étonnant que Nicolas Sarkozy a construit sa légitimité sur sa politique pénale, en la durcissant toujours davantage jusqu’à l’absurde ; les prisons sont aujourd’hui suroccupées d’environ un quart. De même la diabolisation des immigrés et la lutte contre l’immigration clandestine prennent des dimensions où, toute question de justice mise à part, elles deviennent fortement contre-productives.

Proposition d’amendement 14: après le point sur la natalité, ajouter le point suivant : « Rééquilibrer la politique pénale en créant un numerus clausus dans les prisons. Mettre fin à l'approche sécuritaire des couches populaires et des populations immigrées. »



5) Cinq exigences : Changeons la gouvernance du Parti Socialiste


Pas d’amendement particulier


6) Cinq exigences : Inventons une nouvelle stratégie de rassemblement


Un simple amendement de rédaction : dans les relations avec Besancenot et Bayrou, le terme de « menace » est souvent très mal perçu par les lecteurs

Proposition d’amendement 15: Modifier comme suit: « Surmonter les difficultés que nous posent Olivier Besancenot et François Bayrou »


Sur les porte-parole à l’image de la France, il y’a effectivement un vrai problème quand face à une France vieillissante, nous nommons beaucoup trop de petits jeunes comme porte-parole. Il faut faire monter plus de sexagénaires. Plus sérieusement, l’effet peut être contre-productif, les intéressés sachant très bien reconnaître « l’arabe de service ». Le point précédent, qui concerne les candidatures traite sans doute plus efficacement de cette problématique.

Proposition d’amendement 16: Supprimer le point relatif aux porte-parole à l’image de la France.

Thierry 13/06/2008 20:48

Voici un texte que j'ai écrit sur une façon un peu différente que nous pourrions avoir pour écrire notre projet ... à ceux que cela intéresse ...

http://thierry-fayret.typepad.fr/accueil/2008/06/vers-une-contri.html