L'Appel du 18 mai 2008

Publié le par Webmaster

Un an après son élection, Sarkozy échoue déjà. La crise institutionnelle qui s’était nouée dans les dernières années de Jacques Chirac, est de retour. La France est en panne, le pays souffre, les Français sont en colère, les mouvements sociaux se multiplient autour du pouvoir d’achat. La crise et la division à droite affleurent. Le tout dans une crise économique majeure et une crise écologique et alimentaire sans précédent. De leur côté, les gauches européennes peinent à construire une alternative électoralement viable et économiquement crédible. La gauche française ne s’est toujours pas retrouvée au niveau national malgré des victoires électorales remarquables.

Au-delà d’une alternative à l’UMP, qui se doit d’être fondée. C’est la nouvelle gauche du monde occidental qu’il faut faire émerger.

Pour ce faire, il s’avère indispensable de penser le monde, de prendre l’exacte mesure de l’expansion, depuis 30 ans, du capitalisme globalisé, de répondre à la crise écologique et à une meilleure répartition des ressources rares. Ces défis nous obligent à redéfinir les rapports sociaux à partir d’un cadre géopolitique pertinent. Il est nécessairement européen. Il s’agit d’organiser ainsi de nouvelles marges de manœuvre, une compétitivité optimale. Il s’agit d’assurer dans les secteurs productifs confrontés à la concurrence internationale, le confortement des services et des espaces non marchands; et un réarmement des forces du travail face à la mutation accélérée du capital.

C’est l’enjeu pour toute une génération socialiste.

La triple défaite de suite aux présidentielles est à analyser au regard de cet enjeu historique. Ce triple échec démontre la nécessité de tout repenser, de tout revisiter, de tout rebâtir. Depuis un an, nous avons travaillé à cette réorientation générale de la gauche, pour changer la France, que nous n’avons pu faire aboutir lors des présidentielles autour de DSK. Ce dernier reste pour nous un espoir pour la France.

Depuis, nous avons enregistré un premier succès avec la nouvelle déclaration de principe qui emprunte largement au manifeste pour la rénovation que nous y avions adopté en août 2007. Cette déclaration de principe est un premier pas, il ne doit pas être dénaturé lors de la convention nationale, ni minoré ou relativisé.

Nous allons maintenant aborder la phase des contributions. Puis il y aura celle des motions. Puis nous aborderons le congrès lui-même. Et enfin l’élection du Premier secrétaire sera posée. Après nous aurons d’autres combats. Avant que le temps des présidentielles ne s’impose à nous.

A chaque étape nous voulons construire une alternative crédible et moderne à la droite. Celle-ci ne se réduit pas à trouver un champion. Même si, sous la Vème république, cette question est incontournable. Elle viendra en son temps. Le Nicolas Sarkozy actuel ne saurait être comparé en terme d’opinion à celui qui il y a un an triomphait. Les Français ne nous demandent pas un présidentiable tout de suite, mais une alternative claire.

La feuille de route de la gauche est tout à la fois simple et complexe : créer la dynamique majoritaire qui soit tout à la fois efficace électoralement et crédible en terme gouvernemental. Elle nécessite audace et union. Réduire le prochain congrès à une lutte de présidentiables, c’est tout à la fois le stériliser et prendre le risque d’une division durable. Nous avons, nous le savons, des responsabilités dans ce congrès, pour protéger le débat, promouvoir de claires rénovations, clarifier la stratégie et unir.

Spontanément nous ne mettons pas tous les acteurs sur le même plan. Nous nous déterminerons sur la base de critères fondamentaux : le rapport à la politique, le sens du collectif. Nous mènerons les discussions à partir de nos exigences : la modernisation doctrinale, le renouvellement des formes d’organisation et de désignation à la présidentielle.  Mais ce n’est pas le sujet du moment. La question est de construire une majorité claire autour d’une rénovation radicale, d’une stratégie qui soit celle d’un large rassemblement de la gauche dans et autour du Parti socialiste, ouvert à tous les partis et mouvements politiques et associatifs décidés à participer à la définition et à la mise en œuvre d’une alternative politique, d’un mode de désignation de notre candidat qui s’articule autour d’une primaire dans la gauche.

Nul n’est à priori exclu de ce triptyque, encore faut-il qu’il y réponde.

Nous souhaitons donc poursuivre ce débat autour d’une contribution réellement rénovatrice. Nous nous adressons en ce sens aux amis de Arnaud Montebourg et de Martine Aubry. Nous souhaitons que cette contribution indique clairement le chemin à suivre dans la continuité de notre Manifeste. Nous élargissons notre équipe à une vingtaine de jeunes responsables pour animer dans le parti cette phase contributive. Nous participerons à tout espace réel de discussion permettant de travailler à nos objectifs.
 
Nous nous adressons à l’ensemble des militants socialistes et des sympathisants pour qu’ils nous aident à faire triompher une véritable rénovation qui puisse « ré-enchanter » la gauche, lui donner espoir et capacité au changement. Ensemble créons les conditions d’une dynamique vertueuse permettant de combattre au quotidien Nicolas Sarkozy et de gagner dans l’union en 2011. Evitons les querelles subalternes, les règlements de comptes ou les calculs de second ordre. Il s’agit d’un gigantesque effort collectif auquel nous vous appelons, nul ne pourra gagner sans une gauche profondément renouvelée dans tous les domaines.

C’est l’enjeu du débat autour des contributions.

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Kergourlay 23/06/2008 18:29

Quelques réflexions issues d'un ouvrier, militant de base dans uns section finistérienne, et qui peut peut-être vous aider à mieux participer à l'élaboration de la contribution.

N'oubliez pas Mesdames et Messieurs, que le seul moyen de reconquérir la confiance des français et françaises de base ouvrière, est de leur donner confiance en notre parti et en nos dirigeants, pour que ces voix ne se dispersent pas vers la droite ou extrême droite, et surtout vers l'extrême gauche de Besancenot.
Dans ma ville nous avons été battus non pas par la droite, mais à cause des voix qui se sont portées vers la LCR, il aurait suffit qu'un quart des voix de la LCR restent de notre côté et nous gardions notre ville. (Quimperlé)


Réaction à l’Art.20 De la déclaration de principe.

Le Parti Socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail, .Il est le produit des combats politiques et des luttes sociales menées tout au long du XIXé et XX é siècle. Il entendexprimer l’intérêt général du peuples français.

Je pense que cet article de déclaration est à modifier, car elle ne répond pas à la question suivante: pourquoi un parti qui se dit ancré dans le monde du travail, n’a-t-il pas dans ses instances locales, fédérales ou nationales plus de personnes issue de ce milieu qui pourraient apporter leur contribution à l’ancrage dans le monde des ouvriers.

Pour les scrutin de listes, on ne retrouve pas non plus des ouvriers?(Au dernières régionnales, les seul élus ouvriers étaient des gens du PC)

Il est vrai que pendant de très longues années, les ouvriers ont voté communistes, moi-même également. Mais le PC, à mon sens n’a pas su ou pu trouver sa voie après la chute du mur de Berlin.

De plus le discours du FN a attiré beaucoup d’ouvriers ou de gens désespérés à voter pour lui. Les défaites successives du FN ont servi la droite RPR et maintenant UMP qui s’est jetée dans la brèche laisser par le parti Lepéniste, en lui empruntant à peu de choses près ses principales idées (heureusement pas toutes).

Le PS n’a pas su, lui, s’engouffrer dans cette brèche, pensant sans doute que des ouvriers ne voteraient pas pour la droite et donc par ricochet, pour le patronat.

Grosse erreur, et en plus les dissensions à la tête du parti n’ont pas joué en faveur de celui-ci. La guerre des chefs, éléphants, mammouths ou autres a eu lieu et a laissé des traces.

Maintenant le rôle des dirigeants du PS, c’est de conquérir ou reconquérir cet électorat ouvrier, pour que ce dernier vote pour un vrai parti de gauche réaliste, avec des projets concrets, un parti solidaire avec une justice sociale.

Si le PS ne réussit pas cette conquête , ce sont des voix qui resteront à droite, ou qui iront sur le nouveau parti que veut créer O.Besancenot, dont on a pu voir les scores éloquents lors des dernières élections municipales.

Que la guerre des chefs s’arrête, que l’on choisisse un nouveau 1er secrétaire, et que l’on marche derrière lui comme une seule masse, tout en gardant malgré tout notre droit de critique, qui est logique dans un parti qui se dit de démocratie, sans penser à qui sera pressenti pour représenter le PS à la présidentielle de 2012.

Pensons déjà au moment présent, et à la reconstruction.

Le moment venu il sera temps de choisir le ou la meilleur pour gagner la présidentielle.

N’oublier pas que MONSIEUR BEREGOVOY était issu du milieu ouvrier, et qu’il n’avait qu’en poche qu’un CAP d’ajusteur, et qu’il est quand même devenu Premier Ministre…..

A méditer, comme quoi les diplômes ne font pas tout.

REFLEXION:
Et voila ,c’est reparti comme”en 14″, la guerre des chefs, préparons les tranchées et les bunkers, protégeons nos oreilles, et vive ce parti qui se dit dans sa déclaration de principe, un parti solidaire.

Mais ou est donc cette solidarité? Mme Royal se la joue encore perso.

Mais au fait des anciens élus se présentants aux sénatoriales ont été renvoyés à leurs chères études parce qu’ils avaient été battus lors des municipales.

Mme Royale a bien été battu en 2002 par Mr Sarkozy, alors pourquoi ne la t’on pas renvoyé, elle aussi a ses chéres études??????

Deux poids deux mesures qui contredisent les directives du parti.

De plus un parti solidaire, d’accord, mais un parti proche des ouvriers ,NON.

Mme Royal ne voit qu’en elle , que pour elle et que pour son égo.

Pour moi il n’y a eu qu’une seule Jeanne D’Arc (pas celle de Le Pen), mais celle qui a combattu les anglais jusqu’à sa mort sur le bûcher.

Mme Royal ne représente pas cet idéal au niveau de trés nombreux militants de terrains, et si elle persiste dans ses intentions de prendre la tête du PS et de se présenter aux présidentielles de 2012, la défaite est prévue d’avance, et je ne vois pas les militants de base suivre cette dame dans sa chute déja programmée.

Une fois ça suffit, pas deux.

Voila, j'ai fini, peut-être un peu durement, mais il faut vivre le terrain pour comprendre les choses, et ne pas rester enfermé dans son carcan parisien ou autre, et surtout écouter la voix du peuple qui ne sont plus des moutons de Panurge, ainsi que les militants qui vivent le combat au quotidien dans les entreprises, dans le service public, dans leshopitaux, etc...

Amitiés socialistes
Yves

gérard santucci 16/06/2008 07:27

Nous réaffirmons notre volonté de voir la santé publique demeurer un service de proximité.

Seb 13/06/2008 13:40

Comme l'a tres bien dit Karim, il n'est absolument pas question de ceder au repli nationaliste et à la frilosité qui semblent regner en ce moment si l'on en croit le nouvel echec du traité europeen en Irlande cette fois.Etre nationaliste et protectionniste à l'heure de la mondialisation ne serait pas vraiment un choix opportun.

Je crois au contraire que nous devons faire preuve de pedagogie et montrer à quel point l'Europe est essentiel pour notre reussite y compris à court terme.De la meme façon, nous ne devons pas cesser de demontrer que nous vivons dans un monde où l'interdependance n'a jamais été aussi forte ce qui demande des reponses internationales aussi bien au niveau economique (fair trade, aide au developpement etc) que politique (prevention des conflits, lutte contre le terrorisme etc).

Jamais l'internationalisme n'a été + necessaire et la social democratie progressiste a + que jamais sa place dans ce monde.

Karim 13/06/2008 11:47

Rompre avec l'internationalisme ????
Alors là ce n'est pas renover le PS mais massacrer le fondement de notre engagement. Nous ne luttons pas pour de petits groupes même à l'échelle d'une nation, nous aspirons à ce que l'ensemble de l'humanité progresse. Oui c'est une tâche difficile et sans fin mais si c'est pour se cantonner à la gestion du quotidien autant abandonner la politique et devenir des simples gestionnaires. Par pitié, ne tombons systèmatiquement dans la dictature de l'opinion qui aussi mouvante que la mode.

Fabien Moreau 13/06/2008 07:27

On ne voit pas ici le renouveau nécessaire, c'est-à-dire l'abandon d'idées prouvées mauvaises par l'expérience comme l'internationalisme que les Français rejettent.
La vision binaire est toujours présente (parti de l'ordre vs parti du mouvement) alors que l'opinion exige le concensus qui par ailleurs est une démarche responsable et qui est la clef si nous ne voulons pas laisser des thèmes à la droite.
Décevant.
Il faut aller bcp plus en profondeur.